Un jour, il vous semble que tout vous abandonne : votre ventre plat, vos fesses galbées, votre moral d'acier et vos genoux de triathlète. A partir de la cinquantaine, le taux d’œstrogènes baisse, ce qui pour les 2/3 des femmes aura pour conséquences des bouffées de chaleurs, des troubles du sommeil, des montagnes russes émotionnels, une sécheresse vaginale, une fuite de la libido, une prise de poids et une augmentation de la douleur articulaire.

Les œstrogènes jouent un rôle dans la perception de la douleur. Le rhumatisme articulaire ménopausique, avant supportable, devient alors invalidant. Les douleurs surviennent souvent au réveil ou après une longue période passée assise et invitent à un « dérouillage ». D’une part, les œstrogènes ont un impact sur la fabrication de vos chondrocytes et de vos os. Leur diminution nuit à la qualité de votre cartilage. D’autre part, le déséquilibre hormonal provoque alors des sécrétions anormales d’ocytocine qui entraînent la douleur. Le cartilage devient plus sensible.

Avec le temps, l’organisme s’adapte à ce nouveau seuil hormonal et la perception des douleurs redevient normal. En attendant, envisagez les inconvénients de la ménopause sereinement, d’autant qu’elle n’a rien d’une maladie. Elle est une période tout à fait normale de la vie des femmes que certaines vivent comme un soulagement et d’autres comme une calamité. La naturopathe que je suis devenue vous invite avant d’envisager une thérapie de substitution hormonale (THS), une administration d’œstrogènes-progestatifs aux conséquences hormono-cancérigènes, à apprendre à soulager vos symptômes. L’hygiène de vie et un taux acceptable de vitamine D restent des prérequis.

Certaines plantes contiennent des phyto-oestrogènes*, ce qui leur confèrent une action « oestrogen-like » qui stimule votre production d’œstrogènes ou imitent l’action de ceux-ci. Les plus importants sont les isoflavones (retrouvés dans plus de 70 plantes), les coumestanes (jeunes légumineuses comme les pousses de soja, de trèfle, d’alfafa) et les lignanes (présents dans le lin). Les plus utilisées sont :

  • L’actée à grappes noires et la sauge sclarée (en tisanes ou en teintures mère) réduisent la production de l’hormone lutéinisante responsable des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes.
  • Le soja (en graines de soja germées, farine de soja ou extraits secs) également riche en isoflavones régule le cholestérol. Or, au cours de la ménopause, la baisse des œstrogènes modifie de votre profil lipidique et la taille de votre pantalon. En revanche, surconsommé, il favoriserait l’aromatase, une enzyme qui permet à la femme ménopausée de continuer à produire des œstrogènes par transformation des androgènes.
  • Le houblon (en infusion de feuilles et d’écorce) est œstrogène-like mais anti-androgène. Il est particulièrement intéressant en cas d’acné ou de pilosité.

D’autres plantes sont « progesteron-like ». Elles sont aussi appelées plantes lutéales, leur intérêt étant principalement en pré-ménopause, lorsque le taux de progestérone chute et que le rapport entre progestérone-oestrogène est déséquilibré. Mais elles sont aussi intéressantes dans les excès d’œstrogènes qui se manifestent par une prise de poids, de la rétention d’eau, de la cellulite, ainsi que de lourdeurs des seins ou encore de formations de fibromes.

  • Le gattilier ou plus précisément ses baies (en teinture mère ou extraits secs) freine la sécrétion de prolactine par une action similaire à celle de la dopamine. Cette régulation aboutit, par une action directe sur l’hypothalamus, à l’augmentation du taux de progestérone et au rétablissement du rapport œstrogène-progestérone. Il aide à réguler les variations hormonales particulièrement marqué durant la pré-ménopause, ainsi que la rétention d’eau, les tensions mammaires, la sécheresse vaginale, les bouffées de chaleur, les troubles de l’humeur, les fibromes, mais aussi contre les maux de tête et les palpitations.
  • L’onagre est riche en acide gamma-linolénique de la série oméga 6, précurseur biologique de prostaglandines inhibitrices de la phospholipase A2, bloquant ainsi la cascade arachidonique, donc les processus inflammatoires, allergiques, vasculaires et … articulaires.

La phytothérapie indienne est reconnue comme étant la plus efficace pour accompagner les chamboulements hormonaux féminins.

  • La Tinospora cardifolia (appelée aussi guduchi ou amrita) est utilisée depuis des siècles dans la médecine ayurvédique comme puissant réjuvénateur.
  • La Withania somnifera (appelée aussi ashwaghanda ou ginseng indien tant ses pouvoirs sont fortifiants) est adaptogène. Elle régule le stress, le sommeil et la fatigue. Et elle stimule la glande thyroïde en augmentant la production d’hormones T4.
  • L’Asparagus racemosus (appelée aussi shatavari, « femme ayant 100 maris », ce qui explique pourquoi elle est conseillée en cas de perte de libido) stimule la sécrétion des hormones gonadotropes (FSH, LH œstrogènes et progestérone)*.
  • Le Commiphora mukul (appelé aussi guggul) est utilisée pour les problèmes d’inflammation et d’hypothyroïdie**.

Gagnez du temps et faites-vous accompagner dans cette période qui je vous le rappelle, toute insupportable qu’elle puisse être n’a rien d’une maladie. Elle est une période normale de la vie des femmes que certaines ont la chance de vivre comme une libération, d’autres moins bien logées, un enfer.

* A éviter en cas d’antécédents de cancer hormono-dépendant.
** Elle pourrait interagir avec un traitement thyroïdien. Prudence également avec les médicaments bêta-bloquants et vasodilatateurs, dont elle pourrait diminuer l’absorption.

Pour aller plus loin : l’arthrose et les stress

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