Bien que les bienfaits du jeûne soient aujourd’hui avérés, il reste pour beaucoup une expérience difficilement envisageable. Le jeûne intermittent, beaucoup plus facile dans sa conduite, peut devenir la solution. Concrètement, il s’agit de vous arrêter de manger pendant un minimum de 16 heures, en profitant du jeûne nocturne, en sautant soit le souper, soit le petit-déjeuner.
Vous passez du dîner ? Notre culture méditerranéenne rend compliquée l’éviction du dîner. C’est le moment des retrouvailles, du débriefing de la journée autour de la table, du partage, de l’assiette « réconfort ». Bref, c’est le moment à ne pas toucher ! Sauf que la nuit est à envisager comme une petite guérison. C’est la nuit, que votre corps se régénère, c’est la nuit que se produit l’alcalose qui vient contrebalancer l’acidose de la journée… à condition de ne pas la passer à digérer. D’où le principe hygiéniste de manger le plus tôt et le plus frugal possible.
Vous passez du petit-déjeuner ? Le remettre en cause est totalement contradictoire avec sa légende qui le positionne comme le repas le plus important de la journée. Il est vrai que la sérotonine, l’hormone du bonheur et la dopamine, celle de la récompense, se fabriquent particulièrement le matin, grâce aux apports d’acides aminés donc de protéines. Pourtant, l’éliminer revient à reproduire l’alimentation de nos ancêtres paléolithiques. A cette époque, sans frigo, ni boulangerie, ils devaient chercher leur nourriture avant de l’ingérer. Le jeûne était rompu plus tard. Votre ADN n’a pas tant évolué, votre corps serait génétiquement programmé pour fonctionner ainsi… avant l’essor de l’industrie moderne et des Kellogg’s.
Alors ? Le choix dépend de votre constitution et de votre rythme de vie.
- Si vous grignotez ou trainez les pieds toute la journée, intéressez-vous à un petit déjeuner protéiné et allégez plutôt vos dîners.
- Si vous êtes née dans un chaudron de zénitude, vous pouvez essayer de supprimer le matin, à condition que ce jeûne du matin ne soit pas lié à un diner trop tard et trop lourd. N’oubliez pas que tant que vous digérer, il ne se passe rien.
Rien ne vaut votre propre expérience. Veillez également, quel que soit votre choix, à ne pas vous carencer, ni à surcompenser.
Les avantages du jeûne intermittent ?
- Pas de régime, pas d’éviction, pas de yoyo, pas de frustration, pas de rupture avec son environnement.
- Perte de poids et diminution des risques de maladies cardiovasculaires et de diabète*.
- Rythme circadien stabilisé. Si vous vous sentez décalé, à ne jamais avoir faim en même temps que tout le monde, le fasting vous aide à vous réguler.
- Augmentation de la DHAE, l’hormone de croissance qui crée de la masse musculaire et vous aide à récupérer plus rapidement (voilà pourquoi, elle est assimilée à du dopage et interdite dans les compétitions sportives). La solution, pour s’en procurer est de faire de l’exercice physique ou de jeûner.
- Accélération de votre métabolisme. Quand vous jeûnez, vous réduisez les niveaux d’insuline tout en augmentant ceux de l’hormone de croissance. Cela a pour effet d’accélérer le métabolisme de 3,6 et 14%**. Vous avez plus d’énergie pendant votre journée.
- Production d’antioxydants qui contrent vos radicaux libres, responsables du vieillissement prématuré de vos cellules. Vous produisez plus d’énergie et vous résistez mieux au stress oxydatif.
- Système immunitaire amélioré. Un jeûne renforce vos cellules saines et affaiblissent les moins saines, notamment les cellules cancéreuses.
- Cerveau boosté. En restriction calorique, vos cellules sont dans une situation de manque contrôlée et deviennent plus efficaces à gérer le stress. D’où ce sentiment de clairvoyance bien connu des jeûneurs.
Évidement, ces effets sont modérés et ne sont pas comparables avec ceux d’un jeûne plus longs. Ils sont relatifs et à rattacher au TRE (time restricted eating) plus qu’au jeûne. Les réserves de glycogène du foie ne sont pas suffisamment diminuées pour parler de jeûne.
*Mattson MP, Longo VD, Harvie M. : Impact of intermittent fasting on health and disease processes. Ageing Res Rev. 2016 Oct 31. pii: S1568-1637(16)30251-3. doi: 10.1016/j.arr.2016.10.005.
**D’après JB Rives auteur de Fasting aux éditions Thierry Souccar.
Pour aller plus loin : Le jeûne est antiinflammatoire
Je suis naturopathe : ces informations ne constituent ni un diagnostic, ni un avis médical. Certains produits ou compléments mentionnés peuvent faire l'objet d'un lien affilié.