Lorsque vous jeûnez, votre organisme pour continuer à fonctionner, épure le glucose sanguin provenant de vos derniers aliments ingérés. Ensuite, il vide votre glycogène, une réserve limitée de glucides située à 70% dans votre foie et 30% dans vos acides aminés. Une fois ces stocks énergétiques consommés, il transforme vos triglycérides, logés dans vos réserves de graisse, en corps cétoniques, votre nouveau carburant. Cette transformation peut s’accompagner de quelques inconforts regroupés sous le nom de « crise d’acidose ».
Les désagréments liés à la crise d’acidose ne sont pas systématiques. J’ai eu le plaisir d’accueillir plus de 800 jeûneurs, force est de constater qu’ils sont rares. Ils dépendent de votre hygiène de vie, de votre constitution, de votre préparation, de ce que vous avez vécu dans l’année et de la récurrence de vos jeûnes. Néanmoins, voilà ce qui peut éventuellement arriver :
- La tachycardie. Votre cœur permet au sang de fournir de l’oxygène et du glucose à vos cellules, ainsi que d’évacuer les déchets engendrés. Il est le reflet de ce que vit votre organisme. Sous l’emprise du système nerveux dit « sympathique » et du travail intense d’élimination, les pulsations s’accélèrent.
- Les urines s’assombrissent. Elles se chargent en urée, en pigments biliaires et en phosphates. Elles deviennent sombres, odorantes et abondantes les premiers jours de jeûne. Plus elles sont colorées et odorantes et plus le nombre de toxines à éliminer serait élevé. Pas ou peu de mictions durant un jeûne démontre un problème rénal qu’il vous faut immédiatement prendre en compte. Durant votre jeûne, il est essentiel de boire sans pour autant vous inonder pour uriner à tout prix, vos reins ayant aussi besoin de repos pour se régénérer. Le jeûne sec contraint votre corps à prendre l’eau dans vos tissus pour que vos reins puissent fonctionner. Si cette restitution se passe mal, elle peut générer des problèmes rénaux. Si vous n’urinez pas, il est primordial de rompre votre jeûne.
- Les nausées, ballonnements, aigreurs, spasmes, remontées d’émotion. La production de bile varie, ce qui peut provoquer des vomissements, des spasmes et des remontées acides. Ces désagréments peuvent être aussi liés aux remontées d’émotions.
- Les douleurs et le retour d’anciennes maladies. L’augmentation des douleurs est liée à une aggravation momentanée des inflammations le deuxième et troisième jour de jeûne, due à sur-fabrication de cortisol, comme le retour d’anciennes maladies qui n’auraient pas été complètement guéries. Gardez le moral, il ne s’agit pas là d’une régression, mais d’une chance d’en finir une bonne fois pour toutes.
- La langue blanche. Elle est en lien avec le ralentissement de votre intestin. Les toxines traversent les parois de l’intestin, du milieu externe (de la bouche à l’anus) au milieu interne (le sang, les hormones). Les poumons étant également un émonctoire, votre langue finit par se charger de toxines et blanchit. Votre haleine devient plus forte, d’autant que parmi les corps cétoniques que vous fabriquez, se trouve de l’acétone.
- La sueur forte. Elle se concentre en sels minéraux, ce qui la rend plus odorante. Entrer dans la chambre d’un jeûneur revient à entrer dans la chambre d’un mangeur d’ail.
- Une sensation de froid ou de chaud. Le manque de calories ingérées et la baisse de sécrétion d’hormones thyroïdiennes pour permettre la diminution de l’utilisation énergétique provoquent une sensation de froid. Une sensation de chaud reflète un gros travail d’élimination.
- Les crampes. Elles sont liées à la perte de potassium et de calcium en début de jeûne. Les muscles ne parviennent plus à se relaxer.
- Les migraines. Elles viennent de la fabrication des corps cétoniques qui acidifient le sang.
Toutes ces manifestations sont autant de signes qu’un travail de détoxination s’effectue. Si vous n’avez aucun de ces désagréments, ce n’est pas que vous n’avez pas besoin de détoxiner mais que vous avez une belle vitalité. Remerciez-vous.
Pour allez plus loin : Le jeûne est antiinflammatoire
Je suis naturopathe : ces informations ne constituent ni un diagnostic, ni un avis médical. Certains produits ou compléments mentionnés peuvent faire l'objet d'un lien affilié.