Annoncer à un amateur de café qu’il va falloir repenser sa consommation équivaut à annoncer à un adolescent la confiscation de sa tablette : le drame ! Avec une consommation de 6 kilos par an par personne en moyenne, le café est devenu plus qu’une boisson, une tradition, un rituel, un moment de convivialité. Nombreux sont ceux qui en consomment plus de 4 par jour sans s’en rendre compte.

Sauf que :

  1. Le café bloque les récepteurs de l’adénosine, un neuromédiateur qui calme l’activité nerveuse et favorise votre sommeil le soir.
  2. La caféine fait fuir le calcium et le magnésium lorsqu’il est pris après un repas. Du coup, votre corps cherche dans ses réserves des substances minérales alcalines pour combler le déficit. Ce sont dans les os, les cartilages et les dents qu’il va les trouver. Lorsque ces réserves sont vidées, après des années de pillage, une arthrose, une ostéoporose ou des caries dentaires viennent tout naturellement frapper à la porte. Une étude américaine* confirme que la perte osseuse est plus importante chez ceux qui consomment trois tasses par jour.
  3. La caféine est métabolisée par votre foie en :
    – paraxanthine à 84%, qui augmente les acides gras dans le sang ;
    – théobromine à 12%, qui entraîne un relâchement des muscles lisses et donc une affectation du rythme cardiaque ;
    – théophylline à 4%, qui entraîne une dilatation des vaisseaux sanguins et une augmentation de la diurèse.
  4. Votre graine de café contient plus de six cents molécules différentes, dont des acrylamides. Ces cellules hautement acidifiantes se forment au cours de la torréfaction par la réaction chimique dite « de Maillard » et sont considérées officiellement comme cancérigènes par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA).
  5. La caféine est faussement stimulante. Le café, lorsqu’il est pris à la fin d’un repas, freine l’absorption de plusieurs vitamines B, dont la B1, qui contribue à la production de votre énergie et la vitamine B6, qui contrôle vos pulsions. À terme, paradoxalement, votre café finit par vous fatiguer.
  6. Et pour finir, la caféine améliore votre résistance mais pas votre performance. La lutte antifatigue et l’augmentation de l’énergie musculaire provoquées par la caféine est vécu comme un stress qui génère :
    – une phase de résistance avec une production de glucose importante, une diminution des réserves hépatique de glycogène, une consommation des graisses afin de les transformer en glucose ;
    – une phase d’épuisement avec une diminution de la glycémie, d’où la diminution du rendement musculaire et une stimulation de production de cortisol pour rétablir la glycémie avec pour conséquence une inhibition immunitaire.

Alors si vous êtes fou de café, prenez-le à deux heures des repas et ne mégotez pas sur sa qualité. Boudez le café industriel aux marques des supermarchés. Pour diminuer les coûts, augmenter sa durée de conservation et sa rentabilité, des produits chimiques sont utilisés lors de la torréfaction et leurs résidus se retrouvent dans votre tasse. Choisissez du café bio avec torréfaction à l’ancienne. Il est certes plus cher mais puisque vous en consommez moins, vous pouvez vous permettre la qualité. Préférez l’arabica parfumé, doux et sans amertume au robusta, qui est beaucoup plus riche en caféine, et qui a un goût plus amer et corsé, au point que vous serez tenté de le sucrer.

* Cette étude a été réalisée sur 96 femmes âgées de 71 ans et sur trois années. M. Hata M, « Osteoporosis as a Lifestyle-Related Disease », revue Nippon Rinsho, 2003, 61 (2), p. 305-313.

Pour aller plus loin : Par quoi remplacer votre café ?

Je suis naturopathe : ces informations ne constituent ni un diagnostic, ni un avis médical. Certains produits ou compléments mentionnés peuvent faire l'objet d'un lien affilié.