Le jeûne intermittent

Bien que les bienfaits du jeûne soient aujourd’hui avérés, il reste pour beaucoup d’entre nous une expérience inenvisageable. Le jeûne intermittent, dit fasting, beaucoup plus facile dans sa conduite, peut devenir la solution. Concrètement, il s’agit de s’arrêter de manger pendant 16 heures, en profitant du jeûne nocturne, en sautant soit le repas du soir, soit le petit déjeuner.

On se passe de diner ? Compte tenu de notre culture méditerranéenne, éliminer le repas du soir est souvent compliqué. C’est le moment des retrouvailles, du débriefing de la journée autour de la table, du partage, de l’assiette « réconfort ». Bref, c’est le moment à ne pas toucher ! Sauf que la nuit est à envisager comme une petite guérison. C’est la nuit, que notre corps se régénère, c’est la nuit que se produit l’alcalose qui vient contrebalancer l’acidose de la journée… à condition de ne pas la passer à digérer. D’où le principe hygiéniste de manger le plus tôt et le plus frugal possible.

On se passe du petit-déjeuner ? Le remettre en cause est totalement contradictoire avec l’idée qu’il devrait être le repas le plus important de la journée. Pourtant, l’éliminer revient à reproduire l’alimentation de nos ancêtres paléolithiques. A cette époque, sans frigo, ni boulangerie, il fallait chercher sa nourriture avant de l’ingérer. Le jeûne était rompu plus tard. Notre ADN n’a pas tant évolué, notre corps serait génétiquement programmé pour fonctionner ainsi… avant l’essor de l’industrie moderne, du radio réveil et des Kellogg’s qui donnent l’énergie nécessaire au travailleur productif.

Alors ? Le choix pour moi dépend de sa constitution et de son rythme de vie. Rien ne vaut sa propre expérience.

Les avantages :

  • Pas de régime, pas d’éviction, pas de yoyo, pas de frustration, pas de rupture avec son environnement.
  • Perte de poids et diminution des risques de maladie cardiovasculaire et de diabète*. « Le jeûne intermittent est une méthode minceur efficace, supérieure au régime basses calories parce qu’elle est plus facile à suivre, entraîne plus de perte de masse grasse et préserve mieux les muscles »**.
  • Un rythme circadien enfin stable. Notre métabolisme déclenche la libération des hormones qui nous réveillent le matin, nous donne faim à midi et nous endorment le soir. Nous sommes nombreux à nous sentir totalement décalés. Le fasting les régule. On se retrouve à avoir enfin faim et sommeil quand il est l’heure.
  • Augmentation de l’hormone de croissance. Elle permet de créer de la masse musculaire et de récupérer plus rapidement. Voilà pourquoi, elle est assimilée à du dopage et interdite dans les compétitions sportives. La solution, pour s’en procurer est de faire de l’exercice physique… ou de jeûner quelques heures.
  • Accélération du métabolisme. Quand nous jeûnons, nous réduisons les niveaux d’insuline tout en augmentant ceux de l’hormone de croissance. Cela a pour effet d’accélérer le métabolisme de 3,6 et 14%***. Nous allons donc dépenser plus d’énergie dans la journée.
  • Production d’antioxydants qui contrent nos radicaux libres, responsables du vieillissement prématuré de nos cellules. Nous avons donc une meilleure production d’énergie et résistons mieux au stress oxydatif.
  • Le système immunitaire renouvelé (situé à 80% dans nos intestins). Un jeûne renforce nos cellules saines et affaiblissent les moins saines (notamment les cellules cancéreuses).
  • Le cerveau est boosté. En restriction calorique, nos cellules sont dans une situation de manque contrôlée et deviennent plus fortes et plus efficaces à gérer le stress. D’où ce sentiment de clairvoyance bien connu des jeûneurs.

Indépendamment de la perte de masse grasse et donc de poids, le fasting augmente notre métabolisme. Il n’y a plus qu’à faire sa propre expérience pour l’adopter.

*Mattson MP, Longo VD, Harvie M. : Impact of intermittent fasting on health and disease processes. Ageing Res Rev. 2016 Oct 31. pii: S1568-1637(16)30251-3. doi: 10.1016/j.arr.2016.10.005.
** Alhamdan BA, Garcia-Alvarez A, Alzahrnai AH, Karanxha J, Stretchberry DR, Contrera KJ, Utria AF, Cheskin LJ. Alternate-day versus daily energy restriction diets: which is more effective for weight loss? A systematic review and meta-analysis. Obes Sci Pract. 2016 Sep;2(3):293-302. Epub 2016 Jul 15.
***D’après JB Rives auteur de Fasting aux éditions Thierry Souccar.

Pour aller plus loin : https://lauraazenard.fr/2017/01/20/le-jeune-est-anti-inflammatoire/

Partager sur Facebook Publié le 15 décembre 2017 par Laura Azenard.

Un commentaire

  • Fabienne 8 janvier 2018 à 17 h 25 min

    Bonjour,
    J’ai testé le jeûne intermittant mais au bout de quelques jours j’ai commencé à avoir des douleurs à l’estomac, je précise que j’ai une gastrite chronique

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